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Introduction à la cotation ISO

Un produit répond à un besoin exprimé par un client, le développement de ce produit passe par une succession d'étapes (AF ; Cdc ; Modélisation ; Fiabilisation ; …) et on finalise par les livrables.
On entend par les livrables :

Cet article n'est pas un COURS sur la cotation ISO car ce serait beaucoup trop long, mais il vous indique la démarche et la logique à suivre pour faire un plan en respectant la cotation ISO.

Illustration

Pourquoi la cotation ISO ?

Pour passer de la définition de gauche à celle de droite sur l'exemple ci-dessous :

Illustration

Dans l'état initial du plan (à gauche), le fabricant peut réaliser la pièce de plusieurs façons et le contrôleur peut la mesurer selon plusieurs méthodes différentes, et obtenir des valeurs conformes ou non-conformes suivant son "humeur"...
La cotation ISO, ne va pas juste indiquer des tolérances, des cotes sur des surfaces, trous, bords, lignes... Non, elle va indiquer le(s) référentiel(s), les fonctions à garantir, autrement dit les spécifications... c'est à dire de la METHODE, pour que le concepteur, le fabricant et le contrôleur puissent "être en phase" sur la façon de procéder pour réaliser et contrôler cette pièce et maîtriser les variabilités.

Pourquoi la cotation ISO donne de l'allergie ?

La cotation ISO n'a pas "bonne presse" elle est souvent vue comme quelque chose d'abstrait, flou, fait de contre-sens. Le dessinateur qui fait les plans est bien "seul".
Il est vrai que la cotation ISO n'est pas quelque chose de figé, car elle est liée à plusieurs normes (citées en fin d'article) qui évoluent elles aussi…. et si vous avez appris la cotation ISO il y a 5, 10, 15, 20 ans et bien vous pouvez être sûr que cela a changé depuis !!! Il est recommandé de se mettre au courant des dernières tendances.
Cependant le côté rassurant, c'est que la base ELLE n'a pas changé ! Les fondamentaux sont là.

Autre raison de l'allergie, la manière de traduire ses besoins identifiés lors du processus de développement en termes de "symboles" :

Pour ne plus avoir d'allergie, vous trouverez ci-dessous la "bonne pratique" qui vous permettra d'appréhender la cotation ISO d'une façon plus sereine…

Processus de développement d'un produit ou d'un système

Comme indiqué en introduction, la cotation ISO fait partie d'un processus, elle n'est pas à considérer comme juste une "opération" une "tâche" à accomplir à la fin du processus, c'est la suite logique de la cotation fonctionnelle (chaine de cotes).
Rappel du processus d'un développement d'un produit :


Méthodologie de la cotation ISO

Méthodologie

Choix des références

La première étape à respecter : il faut absolument identifier le référentiel.

Référentiel

Un référentiel est souvent composé de plusieurs références. L'ordre des références correspond au positionnement.

  • A : appui / 3 degrés de liberté bloqués = référence primaire
  • B : orientation / 2 degrés de liberté bloqués = référence secondaire
  • C : indexation / 1 degré de liberté bloqué = référence tertiaire

Symboles et règles d'écriture

Deuxième étape, respecter les règles d'écriture :

Mise en plan (2D ou 3D)

La flèche pointe à la normale de la surface spécifiée ou de sa ligne d'extension

Position cote
Extrait de la norme ISO 1101

La bonne écriture de la spécification

Rappel sur le terme intervalle de tolérance (IT) : ci-dessous, il faut lire IT de 2mm, ce qui correspond à une tolérance de ± 1

Spécification

Tolérances dimensionnelles

La troisième étape, connaître quelques règles liées aux dimensionnements :


Tolérances géométriques

Quatrième étape, spécifier les éléments avec les tolérances géométriques correspondantes, en gardant toujours à l'esprit de garantir les fonctions.
Nota : attention à l'ambiguïté sur les symboles de profil de ligne et de profil de surface, car ils peuvent spécifier une FORME ou bien une POSITION, en fonction de l'association (ou pas) avec une référence !

Tolérances géométriques

Forme

La zone de tolérance est limitée par deux surfaces distantes de la valeur de tolérance, centrée sur le profil théorique.

Tolérances de forme

Orientation

Que ce soit du parallélisme, de la perpendicularité ou bien de l'inclinaison, tous les points de la surface doivent être compris entre deux plans parallèles distants de la valeur de tolérance "parallèle" (parallélisme), "perpendiculaire" (perpendicularité) ou "orienté" (inclinaison) suivant la référence.

Tolérances de'orientation

Position

Tous les points de la surface spécifiée doivent être compris entre deux plans parallèles distants de la valeur de tolérance et centrés sur la position théorique par rapport à la référence.
Nota : dans cet exemple, les deux écritures signifient exactement la même chose : la position de la surface

Tolérances de position

Battement

La tolérance de battement axial ou radial spécifie la variation suivant la rotation autour d'un axe.

Tolérances de battement

Symboles modificateurs

Dernière étape, suivant le besoin, on est obligé de rajouter une information importante sur l'état virtuel de l'élément. C'est-à-dire par définition (ISO 2692) : "l'état virtuel est l'état de l'enveloppe limite de forme parfaite permis par les exigences du dessin pour l'élément".
En substance, l'état virtuel représente la dimension de définition du calibre fonctionnel...

Symboles modificateurs

Conclusion

Nous avons vu d'une façon "synthétique" la démarche de la cotation ISO. Ce qu'il faut retenir, c'est la TRANSVERSALITE entre les métiers. Et pour ce faire, le plan réalisé en respectant la cotation ISO permettra d'avoir une meilleure interprétation entre chaque acteur (concepteur, fiabiliste, fabricant, contrôleur, …) donc de minimiser la variabilité. In-fine, le produit correspondra mieux aux attentes du client.

Pour en savoir plus...

La cotation ISO est régie par de nombreuses normes dont voici les principales :



Article rédigé par M. Carl AUGER, Formateur, consultant et expert dans le domaine (entre autres) de la cotation

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